2012/10/22

Du malheur d'être provinciale...

Affiche de l'exposition, et accessoirement
Jeune dame en 1866, de Manet
... c'est que la visite des expos qui m'intéressent sur Paris demandent un planning méticuleux, et il ne faut pas se leurrer, je n'en vois pas le dixième. Ouin ouin ouin, woe is me !*
Le costume historique étant particulièrement cher à mon coeur, j'essaie de planifier mes montées parisiennes en parallèle avec les expositions qui m'intéressent, genre, L'Impressionnisme et la Mode, à Orsay (jusqu'au 20 janvier 2013, comme c'est marqué à droite).
"Soucieux de rendre compte de la vie contemporaine, l'impressionnisme a privilégié la représentation de la figure humaine dans son milieu quotidien et saisi l'homme "moderne" dans ses activités habituelles, à la ville comme à la campagne."Blurb du Musée d'Orsay pour présenter l'expo
Première salle de l'exposition
Photo via France TV Info
Mettre en parallèle la capture d'un instantané dans les tableaux impressionnistes et la mode, éphémère et incroyablement changeante, de leur époque - en voilà une idée qu'elle est bonne ! Nous voilà donc avec une exposition internationale (qui doit aller se promener dans d'autres coins du monde après), en partenariat avec le Metropolitan Museum of Art de New York et The Art Institute of Chicago. Plus de 70 toiles, 1300m2, une quarantaine de robes issues de musées et aussi de collection privées, et en bonus un joli paquet de photos, gravures, magazines de mode et accessoires. Du beau monde donc ! Les pièces sont superbes - en particulier les robes noires et les robes plissées en coton. Deux décennies (à peu près, de mémoire, corrigez-moi si j'ai loupé des pièces qui sortent du cadre 1860s/début 1880s) de mode sont présentées à travers les robes, des accessoires, des images de mode d'époque, des planches de photos pour cartes de visite - et bien sûr des tableaux.
La dernière salle gazonnée
Photo via Le Point.fr
Côté présentation, il y en a qui se sont amusés à la conception de l'expo, avec des tableaux présentés comme s'ils étaient les modèles d'un défilé de mode et une salle moquetée de faux gazon avec des robes qui tournent dans leur vitrine (je ne suis pas sûre de l'utilité de ce dernier point, sachant qu'on pouvait très bien faire le tour de chaque vitrine...). Ca fait un peu tape à l'oeil, mais dans l'ensemble l'exposition est agréable à visiter, on peut assez facilement voir les pièces exposées - notamment les robes sous toutes les coutures ou à peu près.
Il y a des salles où la mise en parallèle est bien réussie...
Photo via France TV Info
J'ai passé trois heures pour la voir, pas assez en détail à mon goût (on s'est un peu faites chasser de la dernière salle pour cause de fermeture - un quart d'heure avant la fermeture officielle de l'expo). Quelques menus regrets : des légendes écrites souvent trop petit pour mes pauvres yeux, un problème pour clairement les polonaises (ce n'est pas la même chose qu'une basque, rognutudju !), et j'aurais aimé une mise en parallèle plus poussée des tableaux avec les robes. Genre, les robes noires à côté de la superbe Parisienne de Manet, plutôt que dans une autre salle. La première salle, entièrement consacrée à la mode aurait aussi mérité quelques tableaux associés, je trouve. J'aurais aussi aimé un peu plus d'informations sur la manière dont les peintres choisissaient les tenues de leurs modèles, les robes d'atelier, etc... Je dis un peu plus, car on peut quand même admirer la robe portée par le modèle de Dans la serre de Bartholomé juste à côté de la toile correspondante - et laissez-moi vous dire, le traitement du tissu rayé, transformé en tissu uni violet qui laisse juste entrevoir le blanc entre les plis, c'est juste une tuerie.**
Pour ce qui est de ramener des images, j'ai quelques croquis, du genre croquis explicatifs pour refaire un jour une tenue inspirée, mais aucune photo, Orsay étant... Orsay. Heureusement, d'autres ont eu plus de chance au vernissage.
Le catalogue fait la part belle à la peinture, il est très beau, très épais, mais ne présente qu'une partie des robes exposées, à mon grand regret. Je me suis rabattue sur le bouquin qui est à gauche sur la photo, qui montre à peu près toutes les robes - mais moins de tableaux, on ne peut pas tout avoir. Et malheureusement, pas ma robe préférée de dos (la noire asymétrique, toute décorée de jais et de guipure...). Ouin ouin ouin, woe is me !
Et comme il est beaucoup moins cher que le catalogue officiel, je me suis aussi offert le catalogue de l'exposition de Nice que je n'avais pas pu aller voir (Ouin ouin ouin, woe is me !), dans lequel on retrouve aussi quelques pièces de cette expo-ci.

Le verdict :
N'attendez pas de révolutionner vos connaissances en Histoire du costume, mais c'est beau, c'est grand, c'est agréable à visiter, allez-y !


*mais d'un autre côté, j'ai la forêt à 100m de chez moi, et je peux aller cueillir des feuilles et des vers de terre dans la montagne avec les trolls à peu près quand je veux... Et j'ai la vue ! (pour la pollution, hélas, pas mieux)
**comme nous aimons labourer sur notre capillo-tracteur, nous avons remarqué que les pois du corsage ne correspondent pas à ceux peints. La robe aurait été reprise ? Si c'est le cas, cela remet en perspective la taille exceptionnellement fine de la robe - celle peinte montre une taille mince, sans plus.

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