2012/09/10

La fuyante chemise...

... ou le post qui n'en finit pas d'être écrit, et re-écrit. Mais au moins j'en aurai appris des choses ! Avec quelques documents en plus, et des recherches supplémentaires, j'ai trouvé quelques choses auxquelles je ne m'attendais pas.
Suivez les liens pour le post d'intro et pour l'étape suivante, la réalisation.
Lingerie - La Mode Illustrée, octobre 1897


Dessin d'époque
reproduit dans
1000 Dessous, G. Néret,
Taschen 1998
Rien de mieux que remettre le nez dans ses bouquins pour se rendre compte qu'on a des tirs à corriger. Je corrige donc, à y avoir mieux regardé, quelques broutilles : la chemise, TOUJOURS dans la pantalon, sauf sur une photo. De prostituées. Point. Sinon, le pantalon est absent sur pas mal de photos coquines, et basta.*
Autre détail intéressant, le terme de « linge » semble au milieu des années 1890 en passe de se faire évincer par le « blanc » qui nous est familier. A ceci près qu'il ne comprend plus de nos jours le linge de corps. Si La Mode Illustrée parle encore de « linge », les Magasins du Louvre éditent eux un catalogue de « Blanc : toiles, trousseaux, lingerie, linge de table, chemises, mouchoirs, rideaux blancs, bonneterie » (enchère eBay datée 189? hélas manquée, ouin). Et vers 1896-97 (toujours dans mes magazines) on voit se séparer le « linge » et la « lingerie » - le premier restant réservé au linge de maison, le second au linge de corps.

Faire ou faire faire ?

La plupart des modèles présentés dans La Mode Illustrée sont estampillés Magasins du Louvre, pourtant le journal fournit chaque année des patrons pour réaliser soi-même ses pièces de lingerie, et présente chaque modèle sur le mode de « l'on prendra... », « vous ferez... ». Visiblement, les deux modes de consommation coexistent. On peut acheter ses chemises toutes prêtes, et se contenter d'y broder (ou faire broder) le monogramme, ou bien économiser la façon et les faire soi-même.
Pour ce qui est du prix, un article de 1896 (toujours La Mode Illustrée, 23 février) cite des chemises à « tous les prix depuis 2 fr. 25 pièce, jusqu'à 29 fr. 50 ». Si l'on se contente d'acheter le matériel, la toile nécessaire est vendue « 13 fr. 50 - 18 fr. 75, la pièce de 18 mètres de 80 centimètres de largeur » - de quoi faire une douzaine de chemises, soit la quantité recommandée pour une femme, en calculant bien son tangram. Ce qui nous donne un prix de revient de 1,13 à 1,57 francs par chemise. Pour donner un élément de comparaison, le salaire d'un ouvrier tourne autour de 5 francs par jour, et celui d'une ouvrière autour de 3 à 4 francs (gnarf !).
Réaliser soi-même tout ou partie (les parties ornées, en l'occurrence) de son linge reste aussi à la fin du XIXme une occupation de la femme respectable, avec la broderie de vide-poches, les essuie-plumes en tapisserie et les chemin de table au crochet... et autres réalisations hautement indispensables à la vie. Je vous avoue, j'aurais tendance à me sentir plus utile à broder un empiècement de chemise qu'un cordon de sonnette (mais c'est peut-être mon côté XXIme siècle qui parle).
Empiècements brodés de "broderie blanche"
La Mode Illustrée, juin 1896

La déco chwanana, ça occupe les doigts

Pour schématiser, j'ai trouvé pour la période qui nous intéresse trois types de décoration pour les chemises (et les pantalons par la même occasion) :
  • la dentelle, combinée au minimum avec du ruban (de soie), souvent du galon (à trous-trous pour y passer le ruban), parfois de la broderie anglaise,
  • le crochet
  • la broderie, presque toujours anglaise
Accumulation de dentelle ne nuit point...
La Mode Illustrée, mars 1898
Là encore, Madame peut faire soi-même ou acheter tout fait. Pour la dentelle, c'est visiblement plutôt le second cas - les instructions pour faire de la dentelle (aux fuseaux) sont assez peu fréquentes, et se limitent à des bandes souvent peu larges (2-3 cm, rarement plus, parfois festonnées sur un côté - leur usage n'est pas précisé, ou limité au linge de maison, voire d'église). On est loin de la complexité des Valenciennes, point de Paris, guipure, etc. qui sont citées dans les descriptions.
Pour garnir chemises et pantalons, les chroniqueuses mode recommandent en majorité la Valenciennes. Dentelle de lin aux fuseaux, elle est réputée pour sa solidité - adaptée donc à des vêtements qui doivent être lavés souvent. Je vous renvoie ici pour un descriptif assez complet et des exemples - le fond est un réseau hexagonal ou carré, les motifs sont souvent floraux ou végétaux.
Garnitures de pantalon au crochetLa Mode Illustrée, octobre 1897
Empiècement au crochet,
« modèle de chez Mlle Dubois »,

La Mode Illustrée, janvier 1898
Au crochet, on fait (ou on achète, cf. modèle ci-dessus) des empiècements plats et des garnitures qui forment un petit volant. Attention, quand je parle de crochet ici, il faut bien se figurer que l'épaisseur du fil est à peu près équivalente à celle de quoi.. deux, trois fils à coudre standards ? C'est fiiiin, très fin ! Tenez, là, un modèle de garniture de pantalon, avec l'échelle à droite. Oui, ce sont des centimètres.
Dessins pour bandes festonnées et entre-deux
de broderie anglaise,
La Mode Illustrée, mai 1896
Il nous reste la broderie, broderie anglaise (à petits oeillets festonnés) et  broderie blanche (souvent appelée aussi point de plumetis dans les textes), qui orne la majorité des chemises dans nos magazines. On la trouve sous forme de bandes festonnées, d'entre-deux, ou de motifs formant un empiècement complet. Les bandes et entre-deux peuvent être utilisés seuls, ou en plusieurs lignes parallèles.
Jusqu'ici tout va bien, bon, il va falloir sur je trouve des dentelles correctes, ou des imitations de broderie anglaise, ou que je fasse du level up en broderie. Soit. On va tenter.
Bandes festonnées et entre-deux brodés (en bas à g.),
entre-deux alignés en lignes parallèles (en haut à g.),
empiècement en forme (en bas à dr.)
La Mode Illustrée, juillet 1896

Le cas de la combinaison

Chemise-pantalon,
La Mode Illustrée
, juillet 1897
Ou plutôt de la chemise-pantalon, autrement dit d'un haut de chemise de corps combiné avec un bas de pantalon. Ce type de vêtement est apparu dans les années 1870, pourtant pendant la période qui m'intéresse (1893-99 au plus large, 1895-98 au plus resserré)... pratiquement pas d'exemples. Une datée de 1895 dans Underwear in detail, et deux gravures dans le recueil de 1897. C'est peu sur quatre années de magazines compulsées, et aucune mention dans les textes, ça reste très minoritaire comme représentation - et cela correspond au nombre relativement faible de chemise-pantalons conservées pour la période par rapport aux chemises.
Au lieu de continuer droite après la taille, la chemise-pantalon se sépare en deux jambes, droites ou évasées, décorées dans le bas comme un pantalon. L'ouverture peut se faire par un clapet sur les fesses (le système est assez courant pour les pantalons de la même période) ou, comme à droite, par des boutons à l'entrejambe.
Méfiance cependant, à regarder la seconde gravure : la légende parle de chemises, mais sur l'image... des chemise-pantalons. Si les deux termes pouvaient ainsi se recouvrir en 1897, cela expliquerait que les textes n'emploient que le terme « chemise[s] ».
En tout état de cause la chemise classique reste majoritaire, donc je vais commencer par elle.

Oui, mais je la fais comment ma chemise, au final ?

La Mode Illustrée, août 1895
Donc pour ma chemise de corps des années « Grosses Manches » se pose la question de la forme et du patron. A travers les gravures, on voit ressortir quelques caractéristiques communes au plus grand nombre :
  • en majorité pas de manches, ou un simple volant tout autour de l'entournure ;
  •  quand la fermeture est visible, sur l'épaule par des boutons, ou par le même ruban qui fronce l'encolure ;
  • un devant au décolleté arrondi la plupart du temps, quelques exemples de pointe ou de décolleté en carré ; décolleté arrondi derrière, quelques exceptions avec un décolleté carré si le devant est en carré aussi ;
  • une abondance de décorations à l'encolure devant ;
  • l'ampleur du tissu est resserrée devant, au moyen de plis ou de fronces au niveau de la poitrine ou légèrement plus bas.

On voit bien les petits plis devant sous la poitrine,
La Mode Illustrée
, février 1893
On peut donc isoler quelques tendances, mais clairement, il n'y a pas là un seul et unique modèle pour toute la période. Par ailleurs, les gravures ne montrent le plus souvent que le haut de la chemise - peu ou pas d'indications donc sur la manière dont le corps est coupé, ni sur les décorations de l'ourlet du bas. Les textes nous disent à peu près la même chose :
« Les chemises se font très cintrées aux coutures, de façon à tenir le moins, de place possible dans le corset; l'ampleur, déjà très réduite, est encore resserrée au milieu, par devant, par un groupe de dix petits plis verticaux, placés au niveau de la taille et ayant environ 9 centimètres de hauteur. Le plus souvent, les manches sont supprimées: on les remplace par une dentelle qui tombe en volant autour de l'entournure. »
La Mode Illustrée, 4 août 1895

La Mode Illustrée, juillet 1893
L'ampleur peut aussi être répartie au-dessus de la poitrine, par des plis fixés à un empiècement, ou un ruban passé dans de la dentelle ou de la broderie à l'encolure, par exemple.
Le modèle n'est pas une nouveauté exclusive de 1895 - d'ailleurs, les deux illustrations les plus claires que j'en aie trouvées de cette forme datent de 1893. Pas de grosse nouveauté ni de tournant radical dans l'évolution de la chemise - on voit tout doucement disparaître les restes des manches, en échange on gagne de fines bretelles, des rubans sur les épaules, et un max d'insertion de dentelles.
Élégantes chemises de jour,
schémas des broderies et patrons fournis avec le magazine

La Mode Illustrée, juillet 1898
« Les chemises de jour sont décolletées en rond avec volant froncé tombant tout autour; ou bien échancrées en carré avec rabat tout plat garni de dentelle, ou empiècement incrusté dans le tissu, en guipure, dentelle de Bruges, dentelle au crochet. D’autres, très nouvelles, sont toutes droites dans le haut, elles tournent et passent sous les bras, ayant au bord, comme ornement, cinq ou six petits plis de lingerie très fins, et une valenciennes basse; point de manches, mais une simple épaulette large de 5 ou 6 centimètres, faite d’une bande en droit fil toute plissée à petits plis, avec une imperceptible valenciennes dépassant de chaque côté. »
La Mode Illustrée, 14 août 1896

« Lorsque l'on enlève sa robe, qui est elle-même parfois si légère et si décolletée, que reste-t-il en dessous? Un luxe extrême, je n’en disconviens pas: mais de quoi est-il composé ? De chemises de dentelle, de nœuds de ruban faisant seuls épaulettes pour les maintenir, [...] Oui, ils sont d'une élégance inénarrable, ces dessous des toilettes actuelles, pour lesquels on emploie l'art le plus raffiné et le plus artistique et dont on ne pare un peu la femme que pour la rendre plus décolletée et masquant un peu moins le corps, que l‘on cherche bien plus à orner qu'à recouvrir. »
La Mode Nationale,
1er juin 1895
Les textes insistent : la chemise doit être peu volumineuse et cintrée, ne pas prendre trop de place sous le corset. Elle est « assez courte dans le bas pour arriver tout juste au-dessous du genou». En résumé « on a renoncé depuis longtemps aux vastes sacs qui nous enveloppaient généreusement depuis le cou jusqu'aux talons, faisant des paquets dans le pantalon et des bosses sous le corsage » (La Mode Illustrée, 31 décembre 1893) - que c'est gracieusement dit.
On trouve encore un petit nombre d'exemples de chemises un peu moins chwanana, plus proches de la mode des décennies précédente : moins ornées, à courtes manches et avec une ouverture sur le devant - grosso modo la même forme que la chemise proposée dans la pochette de patrons de sous-vêtements de Laughing Moon, si certain(e)s se posaient la question.
La Mode Illustrée, juillet 1893La Mode Illustrée, juillet 1893
L'art et la matière
En observant les pièces anciennes conservées**, on se dit que la chemise (et le linge de corps en général) c'est du blanc, du blanc, encore du blanc. Du coton, du lin, du lin, du coton, du coton et lin... Les gravures en noir et blanc - qui restent des gravures donc pas forcément toujours exactes - nous montrent du blanc plus ou moins décoré, le plus souvent sans précision de matériau.
« [...] jadis le préjugé imposait l'usage du linge de fil et assimilait à une déchéance l'emploi du linge de coton. Que les temps sont changés ! Ce dernier s'est imposé, et l'autre est presque délaissé ; un système mixte semble prévaloir : le fil pour l'été, le coton pour l'hiver. »
Emmeline Raymond, La Mode Illustrée, 23 février 1896
« Fil » pas comme mon fils qui confond « fil » et « tissu », mais comme « lin ». Et pour avoir testé le costume historique par 37°C à l'ombre, je me joins à l'avis de Madame Raymond : le lin, c'est vraiment ce qu'il y a de plus confortable pour l'été.
Les années 1890 voient le coton s'imposer dans le linge de corps. En 1895, La Mode Nationale nous vante les mérites d'une « vraie chemise de nansouk ou de batiste ». Le nansouk, c'est une très fine étoffe d'aspect soyeux de coton mercerisé. Et déjà, deux ans auparavant :
« [...] les chemises de calicot bien épais, ou de toile bien résistante, que nos mères et nos grands-mères montraient avec orgueil, intactes comme au premier jour, vingt ans, trente ans après leurs noces, sont quelquefois remplacées par des tissus plus légers, tels entre autres que le nansouk et la percale. »
La Mode Illustrée, 31 décembre 1893
Lingerie en pongée,La Mode Illustrée, juillet 1893
A côté du lin et du coton (solides, faciles d'entretien, etc.), on trouve quand même quelques références à de la flanelle (pour l'hiver, la laine, ça tient chaud), et même un peu de soie - avec quelques restrictions.
« L'usage du linge de soie, tout on s'étant beaucoup propagé, restera toujours assez limité. en raison du prix d'achat qui est élevé. et du nettoyage qui est plus coûteux qu’un blanchissage ordinaire. Ces restrictions une fois faites, nous devons reconnaître que les dessous en surah de couleurs tendres, brodés ton sur ton ou garnis de dentelles blanches, sont délicieux à voir et semblent réaliser le dernier mot de l'élégance la plus raffinée. Cependant, on a voulu faire mieux encore : on a trouvé que le rose, le bleu ou le mauve devenaient, à la longue. d'une écœurante banalité et l'on a imagine, devinez quoi’! Nous vous le donnons en cent, nous vous le donnons en milles... et nous  nous empressons de vous le dire, car vous ne trouveriez jamais. Eh bien, la dernière nouveauté créée pour les cerveaux blasés, en quête d’inédit et de bizarre, c’est le linge de soie noire, qui obtient, parait-il, un vrai succès: noire la chemise, noire le pantalon, noire la dentelle qui les garnit. Pour notre part, rien au monde ne pourrait nous décider à entrer dans ces dessous couleur d’ébène : sottise, si vous voulez, mais nous serions dans une crainte continuelle qu’il ne nous restât quelque chose sur la peau, et nous ne pourrions nous défendre de regarder à tout moment si nous ne sommes pas devenue négresses ! »
La Mode Illustrée, 31décembre 1893
Oui, c'est un pantalon, mais il a l'air très soyeux, et très... noir,La Mode Illustrée, octobre 1897
On évoque aussi le linge de satin noir dans La Mode Nationale en 1895 :
« Quelques femmes, et cela me paraît fort joli, affectent un goût plus sévère en portant en satin noir tous les dessous de leur costume. Et j’ai vu des chemises, des pantalons et des jupons accompagnés par un corset également en satin noir. Tout cela, fort élégant, est plus sérieux, mais ne peut durer toujours.
La Mode Nationale,
1er juin 1895
La soie se marie apparemment bien avec la couleur, et en fait, elle n'est pas la seule. Presque toutes les chroniques lingerie des années 1890 abordent le thème du linge de couleur.
« Nous avions parlé de la lingerie de couleur qui embrassait tous les dessous, depuis la chemise jusqu'au petit jupon » Le Courrier de la Mode, 1895
« Il est incontestable que la lingerie de couleur se porte beaucoup moins cette année, sans qu’on puisse préciser la cause de cette défaveur; elle n’est pas, cependant, complètement abandonnée et compte encore un certain nombre de fidèles; on l’a surtout conservée pour les trousseaux de voyage mesure fort judicieuse, que nous approuvons hautement, et voici , pourquoi : il n’est pas de ménagères soigneuses, bien entendues, qui ne frémissent à l’idée de livrer leur linge aux blanchisseuses de hasard que l’on trouve sur sa route et, Dieu sait, que leurs craintes sont pleinement justifiées! Les lavandières rustiques n’étant soumises à. aucun règlement, à aucune surveillance, sont cent fois plus redoutables que celles des grandes villes; elles peuvent impunément accomplir leur œuvre de destruction et en profitent pour réduire nos dessous, qu’ils soient en forte toile ou en fine batiste, à l’état de broderie anglaise, tant les jours qui se produisent sont nombreux et rapprochés. Généralement, l’effet n’est pas immédiat; les matières corrosives qu’elles mettent dans leur lessive ont des effets à longue , portée, et souvent, ce n’est qu’au bout de plusieurs semaines qu’on a l'agréable surprise de voir son linge se désagréger littéralement, et se changer en véritable guenille : alors, on a quitté le pays, et toute réclamation est devenue impossible.
Or, avec les batistes imprimées, ce désastre n’est pas à craindre. La moindre parcelle de chlore, voire même la plus petite dose d’eau de Javelle, feraient aussitôt disparaître la couleur; averties par cette transformation, il est évident que nous nous empresserions de porter plainte contre la blanchisseuse sans scrupules, et c’est là notre garantie. Nous en avons fait nous-même l'expérience; tandis que dans notre entourage ce n’étaient que plaintes et lamentations, notre trousseau, fait tout entier en batiste de Mulhouse, enguirlandée de fleurettes mauves, roses ou bleues, sur fond blanc; sortait triomphant de l'épreuve. »
La Mode Illustrée
, 4 août 1895

Je n'ai pas résisté à laisser le passage sur les  « lavandières rustiques ».
On assortit ces jolies petites « batistes fleuries, linons couleur d’azur ou couleur de rose »  (du rose et du bleu pâle et des fleu-fleurs, je suis pas sûre que mon foie supporte...) à de la dentelle au point de Paris (autre dentelle au fuseau, moins classe que la Valenciennes, solide elle aussi, photos et définition là vers le bas de la page), des « petits plis, [d]es valenciennes naïves [sic], [d]es volants de batiste délicatement brodés » (La Mode Illustrée, 14 juin 1896)
Le texte précise quand même qu'il s'agit de lingerie « pour l'été, a titre de fantaisie », et pas pour « une lingerie de fonds, très finement faite et destinée à durer des années ». Peut-être est-ce une des explications à l'absence de chemises de couleur parmi les pièces conservées (j'ai du en croiser une ou deux rose pâle, guère plus, et aucune à motifs) : moins solide, moins courant peut-être aussi ?...
Chemises de jour avec empiècements brodés
(schémas des broderies fournis)

La Mode Illustrée, juillet 1898
Chemise de jour, modèle du patron hebdomadaire joint au magazine
La Famille,
juillet 1898
Je cherche encore des visuels des imprimés en question, en attendant je vais commencer à plancher sur le patron. Et pour voir tout ce que j'ai rassemblé (et j'y travaille encore), c'est par là : dans ma galerie d'images anciennes, sous le mot-clé qui va bien. Tous les posts sur le Projet Grosses Manches, c'est en cliquant ici.
Voilà, ce coup-ci, j'ai à peu près tout rassemblé. Maintenant je vais retourner à mes mondaines occupations, comme coudre des étiquettes sur des vêtements. C'est fabuleusement enrichissant, d'étiqueter tous les vêtements d'un mini-troll qui fait sa première rentrée, dites donc. Je m'en sens intellectuellement grandie - ou pas.

*j'ai aussi retrouvé l'endroit où j'ai du lire il y a des années que la chemise allait sur le pantalon. Ca me fait douter de l'exactitude du reste de ce que j'avais lu d'autre au même endroit...

**relativement peu nombreuses, à la datation et provenance le plus souvent trop imprécise pour mon projet

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